Et malgré les larmes qui couleront toujours sur nos visages, il nous faut regarder en avant et continuer notre chemin, laisser ceux qui nous ont laché la main et marcher droit devant nous. Le chemin pourra être plus pentueux et sinueux à présent, et il nous faudra marcher seul dans la neige de l'hiver dont certains vents mauvais raviveront les lourdes cicatrices, et nos coeurs chargés de peine nous rallentiront surement, mais il nous faudra persévérer et continuer la route encore et encore. Nous ne trouverons peut-être jamais la Terre Promise, et nous mourrons peut-être tous sur le chemin vers le Bonheur, mais que pourrions-nous faire si ce n'est marcher ? Si nous nous arrêtons aujourd'hui, alors nous mourrons transis de froid dans cette vie ignoble qui nous affuble sans cesse de coups et emporte les plus chers d'entre-nous dans l'immensité de la neige éternelle des voûtes célestes. Alors il nous faudra marcher et ne pas nous égarer dans les marécages de glace dont les eaux nous renverront au temps d'autrefois en reflétant en nous les précieux disparus, ceux qui tapissaient nos coeur de leurs doux tissus d'affection et d'amour. Et si nous voulons atteindre la fin du voyage, alors il nous faudra garder en tête qu'on ne peut vivre qu'en regardant en avant, et qu'on ne peut vieillir qu'en regardant en arrière. En ce sens, nous aurons su arriver à la fin du voyage, qui, après tout, ne se termine peut-être que par la mort de l'âme.
